BRUSSELS TALKS #6 — SPÉCIAL ÉLECTIONS COMMUNALES À BRUXELLES


La Bellone, 03/10/2018


Pour inaugurer cette deuxième saison de Brussels Talks, nous avons le plaisir d'organiser une édition spéciale "Élections communales à Bruxelles", 11 jours avant le scrutin communal du 14 octobre. En compagnie de Véronique Lamquin, journaliste politique et rédactrice en chef adjointe au journal Le Soir, ce Brussels Talks #6 est l'occasion de dresser les grands enjeux des élections communales, commune par commune, puis au niveau de la Région, et de faire le lien avec les élections régionales et fédérales qui ont eu lieu en mai 2019.

Véronique Lamquin est journaliste politique et rédactrice au journal Le Soir. Vous avez été successivement cheffe du service Bruxelles (2003-2004), du service Régions (2004-2006), du service Belgique (septembre 2006-2008) et du service Politique (2008-2016). Rédactrice en chef adjointe depuis septembre 2016.


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Entretien


BT : Quel dispositif est-ce qu’un journal comme Le Soir met en place pour des élections ?

Véronique : à Bruxelles, on a la chance qu’il n’y ait « que » 19 communes. Donc on peut se permettre de toutes les couvrir. Pas toutes avec la même intensité. On définit l’intensité de couverture d’une commune selon le suspense qui y règne ou pas et selon la taille de la commune. On a écrit un article ou un dossier sur chaque commune depuis le début de la campagne et on aura le même dispositif le soir des élections. Ce soir-là, on arrivera au journal vers 17 heures et on en sortira vers 2 heures du matin. En espérant boucler dans le journal un maximum de majorités, de nom de bourgmestres…

BT : Quelle est l’importance de ces élections communales ?

VL : Ce qu’on constate comme journaliste, c’est que côté francophone, tant en Wallonie qu’à Bruxelles, cette campagne-ci n’est sans doute pas aussi intense que les précédentes. C’est peut-être une fausse impression, peut être que ça fait partie de la déconnexion que l’on reproche souvent aux médias. C’est peut-être aussi parce qu’on rentre dans une séquence électorale qui va être longue puisqu’en mai 2019, on va voter pour les régionales, les fédérales et les européennes. Mais c’est vrai que cette campagne-ci ne décolle pas vraiment. Tous les partis nous disent qu’ils reçoivent un accueil positif, aimable et sympathique de la part des gens alors qu’on a beaucoup dit à l’entame de l’été qu’il y avait un grand rejet de la politique par les citoyens.

BT : Est-ce que cela est lié avec le fait qu’aujourd’hui les électeurs se rendent compte qu’il y a des limites par rapport aux compétences des communes ?

VL : Je vais vous étonner, mais je pense que les communes ont beaucoup de pouvoir et que c’est quelque part le niveau de pouvoir auquel la plupart des citoyens s’identifient le plus.  Même en mobilité et propreté, et elles ont des compétences très importantes en matière de sécurité qui est un domaine qui intéresse les gens. La commune est donc la première porte d’entrée pour bon nombre de citoyens par rapport aux autorités et au pouvoir.

BT : Peut-on facilement entrer en contact avec les autorités communales ?

VL : La commune est un niveau de pouvoir qui existe depuis toujours, qui n’a pas été le fruit d’une série de réformes de l’Etat. C’est donc un niveau de pouvoir auquel les citoyens s’identifient, où tous les citoyens doivent se rendre de temps en temps pour des formalités administratives. C’est un niveau de pouvoir très proche et je pense qu’il y a une grande adhésion des citoyens à ce qu’est la commune. Il y a par ailleurs un autre mouvement, ce qui est singulièrement le cas à Bruxelles, c’est que le 21ème siècle est un siècle qui est très urbain. Il y a de plus en plus de gens dans le monde qui vivent en ville. Il y en aura 70% bientôt et donc clairement le poids des villes augmente. Et on voit ça aussi au niveau politique, il y a de plus en plus d’attrait pour la fonction de Bourgmestre. Regardez qui est bourgmestre des grandes villes : Bart De Wever à Anvers et Paul Magnette à Charleroi.

BT : Cette importance de la commune fait qu’il y a 19 petites villes qui sont un petit peu en compétition les unes avec les autres à Bruxelles…

VL :  Il y a un problème que l’on constate à tous les niveaux de pouvoir en Belgique, c’est qu’il y a des compétences qui sont morcelées. L’exemple évident, c’est la mobilité, répartie entre la Région et les communes. Forcément, ça rend les choses très compliquées. La propreté, c’est la même chose. La région bruxelloise a évolué, une ville maintenant de 1,2 million d’habitants qui a besoin d’axes structurants. Ça nécessite sans doute de changer la façon dont c’est organisé. Le plus important dans ce débat, c’est de ne pas avoir de tabous. Je ne suis pas sûr qu’il suffit de dire “On va fusionner les communes et tout va aller mieux”. Ou que si on donne toutes les compétences à la Région ou tout aux communes, ça ira mieux. Je pense qu’il faut regarder les choses au cas par cas et se dire qu’on ne peut pas partir d’une page blanche car il y a des choses qui existent. Ce qu’il faut, c’est simplifier, rationaliser et organiser ça au mieux.

BT : Pour revenir aux élections qui arrivent dans quelque jours, est-ce qu’on a une idée de combien de listes il y a dans les 19 communes, et combien de candidats ?

VL : 152 listes, 4104 candidats (de mémoire.) Les listes ne doivent pas être complètes. Il faut au minimum 2 personnes sur une liste car une liste doit être paritaire. Ça veut dire qu’il faut au moins un homme et au moins une femme. Il y a d’ailleurs plusieurs listes dans les 19 communes qui n’ont que 2 candidats.

BT: Et le nombre de femmes qu’on a dans les listes ? Et en même temps, le nombre de tête de liste, de candidats Bourgmestre homme/femme ?

VL : Il n’y a que 27% des têtes de listes qui sont des femmes. La parité impose le même nombre de candidats hommes et de candidates femmes. La tirette, impose qu’on ne mette pas toutes les femmes en bas et tous les hommes aux dessus des listes. Mais qu’on fasse une alternance homme/femme/homme/femme ou femme/homme/femme/homme. C’est vrai que la tête de liste n’est pas obligatoirement une femme. Donc que 27% des listes qui sont menées par une femme et le bonnet d’âne revient à la commune d’Etterbeek où il y a aucune tête de liste avec une femme en tête. D’ailleurs il n’y a que 2 communes sur 19 où une femme est Bourgmestre. Ce n’est pas beaucoup non plus.

BT : Y a-t-il une limite par rapport au nombre de mandat que l’on peut avoir ?

VL : Non il n’y a pas de limite. Paradoxalement, c’est un débat qui n’a jamais vécu en Belgique alors qu’on se passionne beaucoup pour le débat du décumul entre les fonctions d’échevin ou bourgmestre et de débuté.

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BT: On sait que les élections communales sont les seules élections ouvertes au vote des étrangers. Est-ce que beaucoup des étrangers européens vont voter ou pas ? Ça favorise plutôt quelle liste ?

VL : Tous les partis jouent là-dessus en prenant des candidats de l’Union européenne pour essayer de capter ces votes. Il y a déjà un nombre limité d’inscrits : 15%. Et j’ai discuté avec plusieurs candidats issus de l’Union européenne qui disent que c’est très difficile de mobiliser leurs compatriotes et que l’un des principaux accueils pour les mobiliser, c’est que le vote est obligatoire et que pour une série de ressortissants de l’Union européenne, autre que la Belgique, c’est bizarre de se sentir obligé d’aller voter.

Public : Par rapport aux alliances éventuelles qui sont prévues dans les communes et qui ont des rapports avec des niveaux de pouvoir supérieurs, il y a des choses que l’on sait déjà ?

VL : En 2006 et en 2012, il y avait eu des effets dominos spectaculaires. En 2012, Yvan Mayeur a éjecté Joelle Milquet de la majorité à la ville de Bruxelles, du coup Joelle Milquet s’est vengée et a éjecté Philippe Moreau à Molenbeek. En cascade, Verviers a aussi échappé un temps au parti socialiste. La tentation est grande de dire qu’on va vivre la même chose cette fois-ci. Objectivement, tous les partis jurent que non. Il y a des jeux de dominos par ailleurs entre communes bruxelloises et entre communes bruxelloises et wallonnes. On a une rentrée politique avec des présidents de partis qui ont tous expliqué quelles étaient leurs alliances privilégiées. Par exemple, Elio Di Rupo a dit qu’il voulait des alliances écolo, Défi et PS. Olivier Chastel lui a dit “moi je veux du MR/CDH”. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aura pas d’alliance PS/MR à Ixelles ou à la ville de Bruxelles. Je pense que dans beaucoup de communes, ils ont les mains libres. De toute façon, le soir des élections, il faut d’abord regarder les résultats avant de regarder les diktats des présidents de partis. Et il y a aussi de gros éléments qui jouent, ce sont les relations entre les gens. L’exemple type : on n’imagine pas qu’à Mons Elio Di Rupo puisse s’allier à Georges-Louis Bouchez. Donc, le soir des élections, je pense qu’on regarde d’abord s’il y a un accord préélectoral, on regarde les mathématiques et on regarde les gens qui s’entendent etc. Puis, c’est aussi une question de rapidité.

BT : Comment ça se passe en coulisses ?

VL : On va présenter au secrétaire communale une proposition de majorité avec le nom d’un bourgmestre et la signature d’une majorité suffisante numérique de conseillers communaux. Une fois qu’on a signé une liste, on ne peut pas en signer une deuxième. Donc le premier qui arrive à attraper les voix de tel ou tel parti et qui va présenter une liste, il a gagné. On veut aller très vite pour ferrer le poisson et on va vite déposer l’accord au secrétaire communal. C’est pour ça que la soirée des élections communales est, pour les journalistes, super passionnante. Parce que pour les élections régionales, on vote puis on attend un à deux mois pour les négociations.

BT : C’est donc ensuite totalement irréversible?

Véronique: Une fois qu’un bourgmestre est présenté avec une majorité et une signature de conseillers, c’est impossible à changer puisqu’il n’y aura pas de majorité différente qui sera possible.

 

BT : Ça veut dire qu’on est très loin des grandes questions idéologiques et qu’on est juste dans des jeux d’alliance ?

 

VL : Il y a quand même eu beaucoup de contacts préalables. Dans toutes les communes, tous les partis se sont parlés. Ils savent à la Ville de Bruxelles que si on fait rentrer Ecolo dans une majorité, ils ont des exigences en matière de gouvernance. Et le PS et le MR savent ça. On sait que si on veut s’allier avec un tel, il faudra étaler ça dans un accord. Ce sont des affinités qui se savent à l’avance.

BT : Quels sont les sondages ? Les ressentis ? Communes par communes ? Parti par parti ? Qu’est-ce qu’on ressent à la rédaction du Soir ?

VL : On ressent un effet plutôt favorable pour les verts dans bon nombre de communes. Je n’invente rien, il y a un air du temps qui est vert. Singulièrement dans les milieux urbains. Donc je pense que dans certaines communes, les verts vont cartonner. Je pense que le PS a des soucis à se faire dans certaines communes. Le soir des élections, on regardera les 4 grandes communes de 100.000 habitants ou plus : Anderlecht, Schaerbeek, Molenbeek et la Ville de Bruxelles. Autant je pense que Philippe Close fait une campagne intensive qui va sans doute lui permettre de limiter les dégâts. Autant je pense que la situation du parti socialiste à Anderlecht, Molenbeek et à Schaerbeek est extrêmement compliquée. La grande inconnue, c’est le CDH qui n’est pas en forme, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais qui pourrait sauver la mise puisque le CDH à 3 bourgmestres : Woluwe-Saint-Pierre, Jette et Berghem. Si le CDH garde 3 bourgmestres en sortant de ces élections, voir parvient à hisser Pierre Kompany à Ganshoren comme quatrième bourgmestre pendant une demi-législature, on pourra dire que le CDH a limité les dégâts à Bruxelles. Les 2 grosses inconnues que tout le monde va regarder surtout en prévision de 2019, c’est le score du PTB et de la NV-A. Alors le PTB fait une campagne très discrète pour l’instant. C’est à mon avis une stratégie extrêmement bien étudiée. Est-ce qu’elle va payer, on n’en sait rien. Ils sont absents de la campagne globale, très présents à certains endroits qu’ils estiment porteurs, notamment dans les logements sociaux ou dans certains quartiers, là où ils ont des maisons médicales etc. Ils ont à mon avis bien choisi leurs cibles et bien étudié leur cartographie électorale. Est-ce que ça va payer au-delà de leur réservoir de voix évident, personne ne le sait.

BT : Et la NV-A ?

VL : La lecture de leurs chiffres sera encore plus importante puisque vous savez qu’en 2019 il y a les élections régionales et que si la NV-A cartonne aux communales, ça ne se verra peut-être pas beaucoup parce qu’ils n’auront pas beaucoup d’élus. Mais s’ils sont à 10% dans bon nombre de communes ça veut dire qu’aux élections régionales, ils pourraient faire un score important. Avec cette perspective qui inquiète beaucoup les francophones qui serait de bloquer la Région bruxelloise.

BT : Comment est-ce qu’on peut interpréter le fait que des francophones votent pour la N-VA?

VL : Il suffit de regarder dans les sondages la popularité de Théo Francken et de Jan Jambon : ils sont extrêmement populaires. La N-VA font campagne à Bruxelles en occultant le fait que pour eux, Bruxelles, dans un monde idéal confédéral, doit être cogéré par la Flandre et la Wallonie. En suivant des candidats N-VA en campagne, je vois qu’ils disent qu’ils n’ont rien contre Bruxelles mais qu’il y a des choses qui ne vont pas. Ils viennent avec des solutions très simples qu’ils veulent mettre en œuvre tout en mettant en évidence leur ministres fédéraux qui ont su faire des choses : Théo Francken et Jan Jambon. Ils surfent aussi sur la crainte d’insécurité à Bruxelles. Ce qui est très clair en tout cas et la N-VA l’assume complètement, c’est qu’ils sont candidats au pouvoir à Bruxelles en 2019.

BT : Et qu’elle serait leur stratégie derrière ça?

VL : Quand ils font le constat qu’ils sont au fédéral mais qu’ils n’ont pas les leviers à Bruxelles, il y a une série de choses qu’ils ne savent pas bien faire parce que la Région bruxelloise serait un obstacle. Ce qu’ils veulent, c’est pouvoir dire qu’ils gouvernent tout leur champ d’action.

BT : Il y a aussi la question des autres partis flamands qui ne semblent pas récolter beaucoup de votes au sein des communes bruxelloises…

VL : C’est pourquoi les partis néerlandophones décident de faire une liste commune avec les partis francophones, dans plein de communes. C’est le cas du SPA qui dans pratiquement toutes les communes qui fait une liste commune avec le PS, .sauf à la Ville de Bruxelles, puisque suite à l’affaire du Samu social, les relations se sont tendues entre les 2 partis. Le SPA a donc décidé de se présenter sous l’étiquette change.brussels. C’est un peu une exception. Open VLD et MR se présentent ensemble comme le CDH et le CD&V parce que les partis néerlandophones savent qu’ils parlent à une très petite partie de l’électorat et que c’est plus intéressant de se présenter en liste commune avec les francophones.

BT : Nous avons reçu ici récemment Zakia Khattabi qui a parlé de la proposition d’Ecolo de questionner en profondeur la gouvernance bruxelloise. C’est quelque chose qui a trouvé écho chez d’autres hommes et femmes politiques, comme Pascal Smet qui a parlé de fusionner les communes. Est-ce que vous pensez que c’est la dernière fois qu’on a les élections communales avec cette configuration à Bruxelles ?

VL : Je pense que le débat pourrait exister dans la prochaine législature, mais je ne pense pas qu’on arrivera à fusionner les communes et je ne suis pas sûr que c’est ce qu’il faut faire. On a publié dans Le Soir un dossier il y a presque un an qui s’appelait “osons Bruxelles”. Suite à cela, on a interrogé une série d’hommes et femmes politiques. Effectivement, Zakia Khattabi était une des francophones qui s’est montrée la plus ouverte à revoir le système sans se prononcer sur la fusion des communes ou le transfert de compétences. Elle n’a pas formulé de propositions concrètes à ce stade mais elle avait dit qu’il n’y a pas de tabou et qu’on peut remettre tout sur la table. Pascal Smet est aussi dans ce monde-là. Il l’aborde en revanche de manière très crispante pour les francophones : “Il n’y a qu’à fusionner les zones de police et les communes”. Je pense que si on aborde le problème comme ça, on ne va jamais s’en sortir. Si on veut dire les choses froidement, il faut mettre les choses à plat. À savoir le rôle des communes, leurs compétences, la relation entre les régions et les communes. Mais aussi, pourquoi pas, ce qui se passe à la région. Faut-il 17 parlementaires néerlandophones automatique avec du coup un parlement qui a 89 élus où franchement s’il y en avait 40 ou 45, de l’avis unanimes de ceux-ci, ça suffirait amplement ? Faut-il avoir un gouvernement organisé de manière paritaire avec 2 ministres néerlandophones, 2 francophones et un ministre président asexué linguistiquement ? Faut-il avoir une commission communautaire commune dont personne ne connait l’existence à Bruxelles et qui pourtant paie les allocations familiales des gens ? Si on veut simplifier Bruxelles, il y a moyen, et c’est même une nécessité, mais le débat ne peut pas se résumer à des fusions, ce serait trop simple.

BT : Que faudrait-il pour ouvrir ce débat sur Bruxelles ?

VL : On n’est pas d’accord sur ce qu’il faut débattre. Les flamands ne sont pas d’accord de mettre sur la table la représentation garantie au parlement et au gouvernement. Les francophones eux ne sont pas d’accord de mettre sur la table les frontières des communes ou le nombre de communes. Ça me fait penser aux discussions qu’ils y avaient à l’époque d’Yves Leterme. On passait des mois à discuter du menu des négociations. Le seul point qui pourrait faire consensus, c’est de dire : « On va regarder une énième fois la répartition des compétences entre la Région et les communes ».

BT : Comment faire pour dépasser ces clivages politiques et communautaires ?

VL : Je pense que ça se passerait mieux si Bruxelles était gérée par des Bruxellois. Le problème c’est que quand ces négociations sont gérées par des présidents de partis qui ont des intérêts différents ou qui ne connaissent pas tout la subtilité de Bruxelles, ça devient extrêmement compliqué. S’il n’y avait que des bruxellois à table, ce serait plus facile d’obtenir des accords car il y aurait moins de crispations et moins d’ordres qui viennent d’Anvers, de Bastogne ou de Mons. La façon dont les Bruxellois abordent leur ville, elle a quand même évolué, il y a quand même une identité bruxelloise qui s’est créée. La ville est cosmopolite, il y a tellement de gens qui ne sont pas unilingues francophones ou néerlandophones. Mais le problème de Bruxelles, c’est qu’elle est toujours organisée selon ce clivage francophone/néerlandophone qui ne correspond plus à rien. Un autre problème, ces négociations-là dépendent d’une révision de la constitution, qui se vote au fédéral, avec les présidents de partis et les députés fédéraux…

Public : Toujours en ce qui concerne la fusion des communes, je pense qu’il y a eu une tentative durant la législature précédente d’un rapprochement de 2 communes bruxelloises. Je voulais savoir si ça pourrait fonctionner si plusieurs communes bruxelloises créent une plus grande commune ?

VL : Rien ne l’empêche, mais je voudrais juste tempérer un peu l’idée qu’il en avait été question. En fait, le Bourgmestre d’Auderghem faisant fonction, Christophe Magdalijns, un jour dans une interview à la Libre a dit : “Moi je me vois bien fusionner avec Boisfort”. Sauf qu’il n’en avait parlé avec personne, ni dans sa commune, ni avec les gens de Boisfort. C’était une interview qui avait beaucoup fait parler d’elle mais qui n’a pas nécessairement donné grand-chose. Objectivement, les bourgmestres ne sont pas très demandeur de ça. Ce qui vit un peu plus, c’est la rectification de limites communales. Il y a quelques anomalies qu’il faudrait changer. Mais très vite, on reparlera à nouveau de la ville de Bruxelles qui ne veut absolument pas céder des parties excentrées de son territoire.

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